Le joueur d’échecs

Le livre présenté par Philippe, « Le joueur d’échecs » de Stefan Zweig, paru la première fois en 1943 et en 1991 aux éditions Livre de poche. (Traduction : Jacqueline Des Gouttes en 1944, rév. par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent en 1991.
95 pages

Résumé :
Un grand maître des échecs embarque à bord d’un paquebot pour une traversée entre New York et Buenos Aires. Le narrateur, joueur d’échecs à ses heures perdues, ne cache pas son intérêt envers le champion, aussi antipathique que doué dans sa discipline.

Curieux de mettre à l’épreuve l’arrogant personnage, il exhorte un autre passager, de le défier. Lors du match, un soutien opportun, un certain M B, va permettre de mettre le champion en difficulté. On va apprendre alors comment, exposé aux sévices de la Gestapo, MB a réussi à survivre grâce aux 32 pièces et aux 64 cases de l’échiquier.

Son avis :
Très rapidement, le focus de l’intrigue passe du champion d’échec à l’énigmatique MB, qui devient le centre d’intérêt principal, notamment la narration de sa détention par la gestapo durant laquelle, pour préserver sa santé mentale il va lire jusqu’à l’obsession un manuel d’échecs dérobé à l’insu de ses geôliers. Le livre est constitué de diagrammes décrivant sous la forme a2-a3, Sf1-g3, … les 150 parties des grands joueurs d’échecs de l’époque.

Il va les jouer et les rejouer chaque jour jusqu’à les connaitre par cœur, et les jouer dans sa tête sans l’aide du livre. Il devient un maître des échecs sans avoir jamais affronté d’autres joueurs que lui-même.

La troisième partie du roman est la partie d’échecs, qui oppose le champion froid, rustre et méthodique et l’imaginatif et cultivé MB, affrontement qui est peut-être une métaphore du conflit mondial qui se jouait à l’époque : les nazis et leurs alliés dénués d’humanité et le reste du monde.

Stefan Zweig a laissé une lettre juste avant son suicide, dans laquelle il disait : « J’estime préférable de mettre fin à temps et debout à une vie dans laquelle le travail de l’esprit a toujours été la joie la plus pure et la liberté personnelle le bien suprême sur cette terre. Je salue tous mes amis ! Puissent-ils voir l’aurore après la longue nuit ! Moi qui suis trop impatient, je m’en vais avant eux ».

Le roman a été publié à titre posthume en 1943, un an après la mort de S Zweig.

Sa note : 4,5/5

Début du livre

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