Le livre présenté par Elisabeth, « Marie-Antoinette » de Stephan Zweig paru le 16 juin 1999 aux éditions le Livre de poche (Editeur d’origine : Grasset).
506 pages
Traduit par Alzir Hella
Résumé :
Vilipendée par les uns, sanctifiée par les autres, l’« Autrichienne » Marie-Antoinette est la reine la plus méconnue de l’histoire de France. Il fallut attendre Stefan Zweig, en 1933, pour que la passion cède à la vérité.
S’appuyant sur les archives de l’Empire autrichien et sur la correspondance du comte Axel de Fersen, qu’il fut le premier à pouvoir consulter intégralement, Stefan Zweig retrace avec sensibilité et rigueur l’évolution de la jeune princesse, trop tôt appelée au trône, que la faiblesse et l’impuissance temporaire de Louis XVI vont précipiter dans un tourbillon de distractions et de fêtes.
Dans ce contexte, la sombre affaire du collier, habilement exploitée par ses nombreux ennemis à la cour de France, va inexorablement éloigner Marie-Antoinette de son peuple.
Tracé avec humanité et pénétration, ce portrait est assurément un des chefs-d’œuvre de la biographie classique, où excella l’auteur de Trois poètes de leur vie et de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme.
Son avis :
Livre passionnant ou l’on sent la tendresse, le lucidité qui n’est pas exempte de dureté, de l’auteur vis-à-vis du couple royal.
Stephan Zweig décrit une Marie-Antoinette vive, légère, charismatique, intelligente mais inculte, sans curiosité intellectuelle, ayant plus d’intuition que de réflexion et donc ne tirant pas partie de ses qualités. Elle sera qualifiée de nature médiocre et insignifiante par Stephan Zweig.
Son regard changera avec les événements futurs car elle fera preuve de courage, de détermination, d’intelligence, de dignité, de noblesse, d’une grande force de caractère, ces traits de caractère ne se révélant qu’à l’aune des terribles événements.
Louis XVI est quant à lui dépeint comme un apathique, lourd, lent, indécis, subjugué par sa femme à qui il cède tout. L’homme est bon, a de la noblesse mais n’est pas à sa place pour diriger un pays.
Jusqu’au bout son indécision et sa lenteur auront une incidence dramatique sur les échecs successifs.
Marie-Antoinette qui arrive en France à l’âge de 15 ans est une enfant qui n’a pas été préparée à être reine, pas plus que Louis XVI ne l’a été a être roi. Elle a vécu à Schönbrunn, entourée et choyée sans subir l’étiquette rigide de la cour de Versailles. Elle est arrachée en étant presque une enfant à son passé, sa famille, en franchissant la frontière française et se retrouve mariée à un homme qui ne pourra consommer l’acte sexuel pendant environ 7 ans pour des raisons physiologiques. En proie au vide de la cour de Versailles, n’étant ni femme ni mère, elle se perd en distractions de toute sorte : sorties nocturnes à Paris, dépenses pharaoniques discontinues en robes, fanfreluches de Mlle Bertin, en perruques extravagantes du coiffeur Léonard, construction du Petit Trianon pour échapper à la cour de
Versailles qui lui en voudra terriblement, recherche d’amis, notamment la famille Polignac qui obtiendra titres, rentes, domaines. Tout ceci contribue à vider les caisses de l’état et détruit sa réputation ; après avoir été aimée, Marie-Antoinette devient Mme déficit, l’autrichienne.
L’affaire du collier, escroquerie dont seule Mme de la Motte est coupable révélera toute la rancœur qu’elle suscite car le peuple est convaincu de sa culpabilité compte tenu de son passé.
Stephan Zweig qui s’appuie sur les faits réels, entrecoupés de textes authentiques, nous fait vivre l’amour de la reine pour ses enfants, pour Axel de Fersen, la vie de la famille royale à Versailles, aux Tuileries, le désastre de la nuit de Varenne, la terreur et ses acteurs les plus odieux dont l’ignoble Hebert, l’emprisonnement au Temple, l’exécution de Louis XVI, la séparation cruelle de Marie-Antoinette d’avec son fils, sa fille, son emprisonnement à la Conciergerie, l’infâme procès, les dernières tentatives d’évasion pour la sauver, et son exécution dans la dignité.
Ce livre est un mélange de faits historiques, de documents réels, d’analyses psychologiques qui nous permettent de vivre chaque étape avec les personnages, leur complexité, et ainsi de pénétrer au cœur de cette terrible période. L’ouvrage d’une grande honnêteté est servi par un style d’une grande richesse et subtilité qui rend cette lecture captivante.
Sa note : Coup de cœur 5/5
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