La mort du Roi Tsongor

Le livre présenté par Elisabeth, La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé, paru le 20 septembre 2013 aux éditions Actes Sud

208 pages

Résumé
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s’éteint; son plus jeune fils s’en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré et aussi le haïssable roi Tsongor.

Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l’insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s’accomplir, de quelque manière, l’apprentissage de la honte.

Son avis :
Admirablement écrit, ce roman débute dans la splendeur, la beauté, l’opulence et se termine dans la destruction et la cendre.

Tsongor, roi d’un immense pays imaginaire qu’il a conquis en massacrant peuples et villages, veut dans cette dernière partie de vie finir ses jours à Massaba entouré de ses enfants.

Il en sera autrement ; la veille du mariage de sa fille Samilia avec Kouame, le prince des terres du sel, celui qu’il a considéré jeune comme son fils, Sango Kerim, lui fait part d’un serment d’engagement entre sa fille et lui. 

Ne pouvant choisir entre ces deux alternatives, Tsongor avec l’aide de Katabolongo, son fidèle serviteur, se donne la mort pour éviter une inévitable guerre qui s’éternisera malgré tout jusqu’à la destruction finale de Massaba et de la presque totalité des protagonistes concernés. 

Qu’a voulu nous dire Laurent Gaudé avec cette épopée ? 

Un questionnement sur la fidélité, sur le respect du serment, sur la cruauté des hommes, leur flamboyant héroïsme, sur la vanité et l’illusion des ambitions terrestres, quelles qu’elles soient, amoureuses, recherche du pouvoir, des biens ? 

Mais aussi sur l’ambiguïté des sentiments : Katalobongo dont la famille a été décimée par Tsongor et qu’il s’est juré de venger en le tuant devient au fil des années son plus proche et sincère ami. 

Une réflexion sur le thème de la honte apparaît également, celle qui est présentée comme moteur de la volonté de conquêtes, de l’ambition et qui peut/doit se transmettre de père en fils pour permettre à ce dernier de se transcender. 

Livre captivant, complexe qui suscite émotions et nombreux questionnements. 

Sa note : coup de cœur 5/5 

Le début du livre 

 

Partager c'est aimer !