Une rose au paradis

Couverture du livre "Une rose au paradis"

Le livre présenté par Elisabeth, « Une rose au paradis » de Barjavel paru en 1981, réédité le 1ᵉʳ novembre 1989 aux éditions Pocket

216 pages

Résumé :
Ce monde, devenu cauchemar climatisé sous la dictature du Bien-Être, valait-il d’être sauvé ?

Finalement, la Bombe Universelle a explosé. La planète n’est plus qu’une plaine de cendres d’où les espèces vont disparaître.

Monsieur Gé, qui depuis son harem somptueux du parc de Saint-Cloud régnait sur l’univers, a laissé faire. Mais, tyran bienveillant, il souhaite aussi que l’aventure humaine se poursuive.

Enfermés dans leur Arche au milieu de tous les animaux de la création endormis, Lucie, la vendeuse de machines à coudre et Henri l’ingénieur seront les pionniers de l’ère prochaine. Dans vingt ans, les portes du vaisseau s’ouvriront-elles sur un nouvel enfer ou sur des paradis perdus ?

Son avis :
Très séduite par la nuit des temps et ravages, j’ai retrouvé dans « Une rose pour le paradis » tout l’univers poétique et fantastique de Barjavel.

Le début du livre donne le ton, une gigantesque manifestation de femmes enceintes pour protester contre la bombe U que tout le monde, politiques, entreprises, particuliers, peut fabriquer soi-même, menaçant la planète.

Cette bombe a la caractéristique suivante, l’explosion de l’une d’entre elles, déclenche l’explosion de toutes les autres, menaçant la destruction du cœur de la planète entière.

Un milliardaire visionnaire, Monsieur Gé, décide de faire exploser une bombe qui, certes, par enchaînement, détruira la surface de la planète, mais la préservera tout de même de sa destruction totale.

Il a fabriqué au préalable une sorte d’arche de Noé moderne, un vaste cylindre, enfoncé profondément à 3 km en dessous du niveau de la terre.

Il sélectionne un couple dont la femme est enceinte de jumeaux, fait hiberner des animaux de toutes sortes et fait exploser une bombe U aux antipodes qui déclenchera la réaction en chaîne ce qui lui laisse le temps de se mettre à l’abri avec le couple et les animaux au sein de cette arche. Tout ce petit monde doit y séjourner 20 ans, le temps que les radiations disparaissent avec pour objectif de repeupler la terre.

Au sein de cette arche, on retrouve l’imaginaire de Barjavel : des boutons sur lesquels on appuie pour avoir des vêtements propres et de la nourriture, certes toujours la même, du poulet à un seul os, la fenêtre dans laquelle on jette les restes et qui les avale avec un bruit « cling glouf», les vêtements sales, et qui recycle tout ça, des jours et des nuits rythmées par des lumières blanches ou bleues, des plantes, de l’herbe, artificielles à l’exception d’une rose odorante embarquée par Monsieur Gé, un robot a 4 têtes, Marguerite, des planchers transparents qui permettent d’observer les animaux endormis.

Que se passe-t-il quand les enfants grandissent, découvrent l’amour et notamment l’amour physique avec pour conséquence une future naissance. Quelle sera l’issue de cette épopée ?
C’est ce que je vous invite à découvrir.

On peut espérer que ce livre qui a été écrit vers 1980, n’est pas une anticipation d’un monde qui court à sa perte.

Le style fluide est cinématographique : les images sont fortes, colorées, sonores. Lu très rapidement et avec plaisir !

Sa note : 4/5

Extraits :
« L’imagination, c’est de la mémoire passée à la moulinette et reconstituée en puzzles différents. Un être humain qui aurait été élevé uniquement dans du rouge, derrière des vitres rouges, ne pourrait jamais imaginer le bleu. »

« Les hommes rêvent, se fabriquent des mondes idéaux et des dieux. Les femmes assurent la solidité et la continuité du réel. »

« — Mon agneau !… Comment as-tu pu faire une chose pareille, toi qui es plus innocent que le cœur d’une rose ?…

Il devint grave, s’agenouilla devant elle, leva vers son visage son regard où brûlait le soleil de tous les amours, et lui demanda très doucement :

— Qu’est-ce que c’est, une rose ?… »

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