Le livre présenté par Elisabeth, « L’effet Tegmark-Everett » de François Darnaudet paru le 29 novembre 2024 aux éditions Rivière Blanche.
240 pages
Résumé :
Boris Darnahurt, trente ans, orphelin de père, vient de recevoir l’autorisation d’espionner une branche du multivers dans laquelle il vient de se suicider.
Si son clone est décédé dans ce monde-là, il peut voir et écouter le clone de son père qui, lui, est toujours vivant. Pendant ce temps, Hugo Samaran, le maître du monde de la télécommunication, est irrésistiblement attiré par le suicide quantique pour devenir immortel.
L’effet Tegmark-Everett est un roman de science-fiction scientifique et psychologique explorant le multivers décrit par le cosmologiste Max Tegmark… et la mort.
Son avis :
Être en même temps au cœur de la vie d’amis grâce à l’évocation de faits, de sentiments connus suite à des confidences et au sein d’un imaginaire qui s’appuie sur une hypothèse scientifique, le multivers, rend ce livre émouvant et passionnant !
Un style fluide permet en outre de vivre le récit comme si nous en faisions partie.
La théorie des multivers au cœur du livre permet de concevoir nos existences comme un possible parmi d’autres ; selon cette théorie quantique, chaque événement détermine plusieurs branches possibles : par exemple dans l’une, on peut mourir, dans l’autre, on peut vivre tel le chat de Schrödinger qui est donc en même temps mort et vivant.
Frank, le personnage du livre, est décédé dans un univers dit « source », sa femme Cathy et son fils Boris continuant à vivre.
Dans un univers « branche » ou fourché, Frank et Cathy ont perdu leur fils Boris à l’âge de 25 ans, événement qui est au cœur de la douleur de ce couple en recherche de signes de la présence de leur fils…
Dans l’univers source, Boris intègre une équipe scientifique travaillant sur les multivers, ce qui lui permet d’espionner la branche dans laquelle il vient de se suicider. Il observe son père et sa quête éperdue de recevoir un signe de lui.
L’évocation du désert des Bardenas, cadre de la manifestation des signes, n’est pas le moindre intérêt du livre.
S’entremêlent tout au long du récit événements réellement vécus et interprétations sous l’angle de l’hypothèse du multivers décrite par Max Tegmark, un scientifique cosmologique et le physicien Hugh Everett.
Malgré la complexité du sujet, le récit est clair et éminemment touchant ; nous suivons les chemins parcourus par Frank comme un espoir indicible d’échapper à la souffrance et à la mort, celle de son fils et la sienne. L’hypothèse de mondes fourchés remplaçant la notion d’eau-delà est séduisante et s’inscrit de façon logique dans ce récit tellement intime et personnel.
Dans le roman, l’hypothèse du multivers est l’élément explicatif d’un événement réellement vécu par Frank/François : l’observation de la lettre D dans laquelle s’inscrit un petit B et un petit cercueil, dans le désert des Bardenas. Il est présenté comme la volonté de Boris de communiquer avec son père (assurément un progrès dans le livre puisqu’il n’est pas admis en théorie que les branches puissent communiquer entre elles).
Quelle qu’en soit l’interprétation, il peut être considéré comme un signe.
J’ai adoré la construction du livre ; déroutante au début pour qui connaît l’auteur bien vivant. Mais très vite le mécanisme devient familier et nous devenons spectateur de cet univers traduit magnifiquement par la couverture.
Passionnante également la grille de lecture qui considère les perspectives plus larges de la vie et de la mort à travers le thème du multivers.
Pour finir, la perspective d’avoir des clones pouvant entrer en relation grâce à leur inconscient collectif et aux rêves frappe et séduit l’imaginaire.
Un livre très personnel dans lequel l’auteur se sert de la théorie des multivers pour construire un livre porteur d’espoir. J’ai beaucoup aimé !
Sa note : 4,5/5
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