Une douce flamme

Le livre présenté par Philippe, Une douce flamme de Philip Kerr, paru le 4 janvier 2012 aux éditions JGF
566 pages

Résumé :
En 1950, lorsque Bernie Gunther débarque à Buenos Aires sous un nom d’emprunt, la ville est infestée d’exilés nazis, qui ont reconstitué leurs réseaux et leurs pratiques. Informé de sa véritable identité, le chef de la police charge Bernie d’une enquête qui lui rappelle une affaire non élucidée, alors qu’il était détective à la Kripo berlinoise : une jeune fille retrouvée, atrocement mutilée, une autre disparue. L’occasion, pour Bernie, de découvrir l’ampleur de la collusion entre le régime Perón et les nazis.

Dans le sillage de La Trilogie berlinoise, la confrontation entre l’Histoire et le crime continue, sous la plume de Philip Kerr, de provoquer des étincelles.

Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.

Son avis :
Fidèle à l’approche de ses précédents romans, Philip Kerr réalise ce savant mélange entre fiction et faits historiques sur fond d’enquête policière.

La solution des crimes commis en 1950 en Argentine est rendue possible par des crimes similaires non résolus dans Berlin en 1932. Le courage et la pugnacité de Bernie Gunther vont lui permettre de confronter les monstres Allemands qui ont trouvé refuge en Argentine avec la plus entière complaisance de la dictature Perón, alors au pouvoir.

L’objectif pour eux étant de s’approprier les biens volés aux juifs par les nazis et d’en faire également les exécuteurs de leurs basses œuvres.

A jeter dans le même panier des êtres ignobles, des assassins sadiques et cupides. A noter, la CIA a profité également des Nazis pour collecter des informations sur leur programme nucléaire.

Le contexte est sombre, les protagonistes tous plus monstrueux les uns que les autres, seul le cynisme et l’humour caustique de Bernie Gunther, le narrateur, font passer la pilule.

La frontière entre réalité historique et fiction, oscille en permanence dans les romans de Philip Kerr, la petite note de l’auteur en fin d’ouvrage permet d’éclairer le lecteur sur les libertés qu’il s’est accordées.

Sa note : 4,5/5

Extrait : Phrase dite par Bernie Gunther enrôlé dans la SS et qui haïssait les nazis :

« J’en veux aux communistes d’avoir appelé en novembre 1932 à la grève générale qui a précipité la tenue d’élections. J’en veux à Hindenburg d’avoir été trop vieux pour se débarrasser de Hitler. J’en veux aux six millions de chômeurs – un tiers de la population active – d’avoir désiré un emploi à n’importe quel prix, même au prix d’Adolf Hitler. J’en veux à l’armée de ne pas avoir mis fin aux violences dans les rues pendant la République de Weimar et d’avoir soutenu Hitler en 1933. J’en veux aux Français. J’en veux à Schleicher. J’en veux aux Britanniques. J’en veux à Goebbels et à tous ces hommes d’affaires bourrés de fric qui ont financé les nazis. J’en veux à Papen et à Rathenau, à Ebert et à Scheidemann, à Liebknecht et à Rosa Luxemburg. J’en veux aux spartakistes et aux Freikorps. J’en veux à la Grande Guerre d’avoir ôté toute valeur à la vie humaine. J’en veux à l’inflation, au Bauhaus, à Dada et à Max Reinhardt. J’en veux à Himmler, à Goering, à Hitler et à la SS, à Weimar, aux putains et aux maquereaux. Mais, par-dessus tout, je m’en veux à moi-même. Je m’en veux de n’avoir rien fait. »

Le debut à lire

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