Porca Miseria

Le livre présenté par Sophie,  » Porca Miseria » de Tonino BENAQUISTA paru le 6 janvier 2022 aux éditions Gallimard.
208 pages

Résumé :
«Les mots français que j’entends ma mère prononcer le plus souvent sont cholestérol et contrariété.

Je m’étonne qu’une femme ayant tant de mal à amadouer sa langue d’adoption puisse connaître deux termes selon moi si savants. Contrariété l’emporte de loin.

Elle finit par se l’approprier comme s’il la débarrassait du devoir d’aller mieux, et qu’une fois prononcé, rien ne l’obligeait à développer, tout était dit, contrariété.Les soirs où l’affrontement avec son mari devient inévitable, elle assène le mot ruine, en italien, c’est la note la plus aiguë de son lamento, la rouiiiina, dont le sens est sans équivoque : c’est l’émigration, le départ maudit, la faute originelle, la source de tous ses maux, la contrariété suprême».

En 1954, la famille Benacquista quitte l’Italie pour s’installer en banlieue parisienne.

Les parents, Cesare et Elena, connaîtront le sort des déracinés. Dans ce bouleversant récit des origines, leur petit dernier, Tonino, restitue avec fantaisie cette geste. Il raconte aussi les batailles qui ont jalonné sa conquête de la langue française.Avec Porca miseria, Tonino Benacquista trace la lumineuse trajectoire d’un autodidacte que l’écriture a sauvé des affres du réel.

Son avis :
Tonino BENAQUISTA est né en 1961. Il est issu d’une famille d’émigrés italiens installée à Vitry sur Seine.

Il est le dernier d’une fratrie de 4 enfants dont lui seul est né en France. C’est un auteur, scénariste essentiellement de série noire.

C’est grâce à « la commedia des ratés » en 1991 qu’il remporte 3 prix littéraires et se fait ainsi connaître du grand public. Certains de ses romans sont portés à l’écran tel que « Malavista».

PORCA MISERIA est paru en mars 2022, la traduction pourrait être « chienne de vie ».

Il s’agit là d’un ouvrage plus personnel. L’auteur se livre de façon très intime. Il raconte la déchirure entre ses parents dès l’immigration l’hiver 54, c’était le choix de son père et non celui de sa mère. Cette déchirure les a suivi en France et ne les a jamais quittée. S’en suivent l’alcoolisme de son père, la dépression chronique de sa mère, son agoraphobie…, sans parler du parcours chaotique de ses 3 frères et sœurs.

Il explique bien le paradoxe de l’émigré page 64: « l’émigration veut qu’un homme ayant quitté sa terre natale n’y sera plus jamais chez lui, comme il ne le sera jamais vraiment sur sa terre d’accueil. ».

Les italiens disent: « ne pesce ne carne » ni poisson ni viande.

Il a pourtant su conquérir la langue française alors que ses parents ont toujours continué à parler italien même s’il a apprivoisé bien plus tardivement la lecture que l’écriture.

Ce livre pourrait se résumer tel que les œuvres de Zola mais l’écriture de Tonino Benaquista en change complètement la lecture.

Pourquoi j’ai aimé cet ouvrage :
L’auteur jète ses souvenirs d’enfance avec beaucoup d’émotion mais sans jugement.
Il nous embarque dans son histoire car il sait la rendre originale, unique.

Cet autodidacte a laissé libre court à ce récit aussi surprenant qu’attachant et qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui.

Sa note : 4,5/5

Le début du livre 

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