L’extravagante histoire de Lucia Fancini

Le livre présenté par Cat, « L’extravagante histoire de Lucia Fancini » de Guy Rechenmann préface de Didier Daeninckx paru le 15 janvier 2022 aux éditions Cairn.
272 pages

Résumé :
Guy Rechenmann est de retour avec un nouveau roman policier ! L’extravagante histoire de Lucia Fancini est un préquel de la saga du Flic de papier. Une enquête étonnante où l’on va découvrir l’origine du don de Léonard, médium chargé d’aider la police à résoudre les affaires les plus inextricables. Une véritable plongée dans le Bordeaux des années 60 sur les traces d’un destin hors du commun, celui de la petite Lucia.

Léonard n’est pas mon vrai prénom. C’est mon nom de code dans la police, en référence au maître De Vinci. C’est le commissaire Plaziat, le boss de Castéra à Bordeaux, qui a eu l’idée de « m’intégrer » dans l’équipe d’Anselme Viloc, le flic de papier. Il fait appel à moi et à mon don lorsqu’il est dans une impasse. D’un naturel secret je parle peu de moi, je lui ai promis de lui livrer le récit de ma première expérience d’enquêteur amateur, à savoir l’extravagante histoire de Lucia Fancini, le nom de la petite voisine qui a marqué ma vie !

Depuis, le Flic de papier et moi, nous nous sommes trouvés de nombreux points communs tels, la passion pour le violon jazzy, l’amour de la famille, la discrétion, l’ouverture d’esprit et la ténacité entre autres. Ne jamais rien lâcher, telle est notre devise…

Son avis :
C’est toujours un bonheur de retrouver la série du Flic de papier de Guy Rechenmann.

Avec ce dernier opus qui est un spin off (mise en lumière d’un personnage secondaire) nous allons enfin connaître l’histoire de Léonard, le dessinateur médium qui a apporté son aide à Anselme Viloc pour certaines enquêtes particulièrement compliquées.

Et quelle histoire ! Plongée dans les années 60 où tout était envisageable, surtout le progrès l’immersion en Grèce pendant la guerre sans oublier l’Italie d’après guerre.

Une petite fille perdue et oubliée, laissée à son triste sort…

On ressort de cette lecture humaniste revigoré et comme le dit Didier Daeninckx dans sa préface « Comme si les adultes, les grandes personnes, réparaient enfin le malheur imposé à leurs enfants. »

Sa note : Coup de cœur 5/5

Préface de Didier Daeninckx:

« Les lecteurs de Guy Rechenmann ont eu l’occasion dans diverses enquêtes menées par Anselme Viloc, son principal personnage d’investigateur, de faire la connaissance de l’énigmatique Léonard, un peintre de talent doué d’une sensibilité hors du commun. Libre de toute attache, ne devant rendre de comptes à aucune hiérarchie, il vient apporter son aide au policier bordelais quand ses raisonnements les plus élaborés butent sur l’opacité du réel. Léonard, par sa capacité à capter les vibrations d’un passé enfoui, fendille la gangue de rationnel qui étouffe la vérité. Cela nous était donné d’emblée, on ignorait d’où lui venait cette faculté d’intercéder entre deux mondes.

Avec L’extravagante histoire de Lucia Fancini, l’auteur entrouvre la boîte à secrets et nous fait les témoins de la première enquête de Léonard, qui a d’abord pour cadre Caudéran, encore banlieue bordelaise, et qui se déroule de 1956 à 1962. Le détective porte des culottes courtes, car quand l’énigme pose ses jalons initiaux, il n’est âgé que de douze ans. Ce à quoi il ste n’a rien que de très banal, une famille italienne qui gagne sa vie sur les marchés et s’installe dans un pavillon proche. Un homme jovial, exubérant, une femme plus réservée, une gamine mystérieuse et d’une beauté renversante, la Lucia du titre, dont le regard triste masque un secret qu’elle ignore elle-même. Et c’est en la dessinant d’instinct au fusain, un portrait dérobé pendant qu’un complice lui fait la conversation, que les doigts de Léonard ajoutent quelques éléments venus d’une autre réalité.

Le temps long, six années, qui sera nécessaire à la résolution de l’énigme, donne l’occasion à Guy Rechenmann de décrire une région avec laquelle il fait corps, de montrer les bouleversements qui travaillent la société d’après-guerre, et comment l’apparition des objets iconiques du consumérisme, réfrigérateur, télévision, voiture, bouscule les mentalités.

Les gamins gauches, les gamines embarrassées qui traversent ce récit, et semblablement attachants, ne bougeront pas de Caudéran sinon pour de courts séjours enchantés sur la presqu’île. Ils devront se servir de leurs parents, au prix de multiples stratagèmes, pour approcher le cœur du mystère qui se niche pour partie dans une Italie sous la férule mussolinienne et pour l’autre dans une Grèce crucifiée.

Comme si les adultes, les grandes personnes, réparaient enfin le malheur imposé à leurs enfants. »

Le début du livre

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