Lettres à Lucilius

Couverture du livre "Lettres à Lucilius"
Le livre présenté par Bérengère, « Lettres à Lucilius » de Sénèque aux éditions Pocket.
Traduction : Pierre Miscevic, professeur en Khâgne au lycée Condorcet.
Avec les commentaires et avis de plusieurs philosophes dont Montaigne, Diderot, etc.

Résumé :
Ces lettres sont comme le journal intime et philosophique de Sénèque. Il y évoque ses doutes et ses drames de conscience, affronte les grands problèmes philosophiques et moraux que chacun se pose, en son temps comme aujourd’hui, et leur apporte des réponses empreintes d’une sagesse prudente et mesurée. Ainsi, ce texte est aussi bien le roman d’une âme exceptionnelle qu’une brillante initiation à l’un des courants majeurs de la philosophie antique, le stoïcisme.

Cette édition présente :

  • une introduction ;
  • un choix des lettres les plus importantes, dans une nouvelle traduction qui rend justice à la vivacité de plume de Sénèque

Son avis :
En l’an 62 après JC, Sénèque, 63 ans, s’éloigne de Néron, de la cour, des richesses matérielles et du prestige qui en découle.

Libre : il entame une correspondance avec Luculius, ami fidèle. Les sujets abordés sont les relations humaines, l’amitié, la sagesse, la mort (pas à craindre) et la philosophie ; la sienne : guérir les hommes de leurs vices.

Je cite «… La sagesse c.-à-d. discerner les vraies valeurs à vivre selon la raison qui doit guider notre âme vers la contemplation de la nature, donc du divin. »

Tout cela interpelle : Sénèque vit en l’an 62 après JC et son dernier chemin — choisi et emprunté ressemble étrangement à celui des apôtres — son écriture rejoint le verbe. Ses actes aussi. Même sa mort est sacrifice. Il y a là matière spirituelle toujours d’actualité.

Pour la traduction — le contenu — l’embarquement intellectuel et spirituel… La joie donnée

Sa note : Coup de cœur 5/5

Extraits :
« C’est une âme qui contemple la vérité et qui sait ce qu’il faut éviter ou rechercher. Elle fixe le prix des choses non d’après l’opinion, mais d’après la nature ; elle se mêle à l’univers entier et s’attache à observer tout ce qui s’y passe, attentive à ses pensées et à ses actes.

Elle est aussi grande que forte, résiste autant aux attaques qu’aux caresses, ne se soumet ni à la bonne ni à la mauvaise fortune, mais reste au-dessus du malheur comme du bonheur, décente dans sa beauté suprême, saine et sobre dans sa force, inébranlable et intrépide. La violence ne peut la briser, les caprices du sort ne peuvent ni l’exalter ni l’abattre : une telle âme, c’est la vertu même. »

« On est malheureux que dans la mesure où on croit l’être. Il faut, à mon avis, cesser de se plaindre des douleurs passées et de se complaire à des lamentations de ce genre : Personne n’a souffert plus que moi !

Quelles tortures, quelles misères j’ai endurées ! Tout le monde me donnait pour perdu. Que de fois, j’ai été pleuré par mes proches, abandonné par mes médecins ! On est moins martyrisé sur un chevalet de torture ! Même si tout cela est vrai, c’est du passé. À quoi bon revenir sur des souffrances disparues et se rendre malheureux parce qu’on l’a été ? »

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