Le Dernier des Camondo

Le livre présenté par Elisabeth, « Le Dernier des Camondo » de Pierre Assouline aux Éditions Gallimard
Paru le  19 octobre 1999

Résumé
Issu d’une illustre et richissime famille de banquiers levantins installés en france à la fin du second empire, le comte moïse de camondo (1860-1935) était l’homme d’un milieu, celui de l’aristocratie juive parisienne, où se côtoyaient les rothschild et les pereire, les fould et les cahen d’anvers, toute une société échappée des pages de proust.

La saga des camondo, de l’inquisition espagnole au génocide nazi en passant par le ghetto de venise et les palais de constantinople, n’est pas seulement un récit historique retraçant l’épopée de ces grands seigneurs séfarades.

C’est aussi une méditation sur la solitude d’un homme abandonné par sa femme, inconsolé de la mort de son fils, qui consacra sa vie et sa fortune à reconstituer au coeur de la plaine monceau une demeure aristocratique du xviiie siècle, laissant à la france le plus éclatant témoignage d’un monde disparu et transmettant malgré tout le nom des siens à la postérité.

Son avis :
La famille Camondo (Ca’Mondo) qui veut dire « maison du monde », est chassée d’Espagne au XVe siècle par les troupes des rois catholiques. Les juifs d’Espagne partent alors en Afrique du Nord, au Portugal, en Italie du Nord, dans l’empire Ottoman.

Cette famille de négociants et de banquiers s’installe successivement dans le « nuevo ghetto » (nouvelle fonderie) de Venise, Trieste, Vienne et se fixe à Constantinople où Abraham Salomon Camondo sera le banquier des sultans.

Premier de la saga des Camondo, il est considéré au milieu du 19e siècle comme le plus riche des 200 000 juifs de l’empire Ottoman et surnommé le Rothschild de l’Orient.

Fin XIXe, Abraham Salomon s’installe en France pour étendre son empire financier.

Son arrière petit-fils, Moïse, est début XXe un seigneur séfarade au siècle de la bourgeoisie triomphante, un membre éminent de l’aristocratie juive parisienne. Se côtoient rue de Monceau où ses parents firent l’acquisition de l’hôtel Violet au 63, des représentants de la noblesse de l’ancien et nouveau régime, l’aristocratie juive, la haute société protestante et la bourgeoisie industrielle : les Rothschild, Pereire, Orly-Roederer…

À cette époque, le Comte Moïse de Camondo est amputé d’une partie de sa vie, sa femme Irène, née Cahen d’Anvers, se sentant délaissée le quitte pour un bel italien amateur de chevaux, Charles Sampierri.

Le 1er chapitre de ce livre est consacré à la destruction de l’hôtel Violet dont on ne conservera que la façade et la construction par l’architecte René Sergent spécialiste du XVIIIe, de l’hôtel Camondo, écrin élégant d’une collection impressionnante de meubles, d’objets, de livres et de tableaux de cette époque, passion du comte qui voulait échapper à la critique de « Versailles de la ploutocratie parisienne » dont Henrich Heine avait qualifié l’hôtel de James de Rothschild.

Les pages consacrées à l’inventaire minutieux et exhaustif de tout ce qui constitue l’intérieur de l’hôtel est assez souvent fastidieux : se succède la description d’un nombre impressionnant de meubles, d’objets, éléments de décoration, d’œuvres d’art, l’évocation de leur propriétaire initial, de leur lieu d’origine. C’est culturellement intéressant mais le style est indigeste.

Les chapitres suivants évoquent les mœurs de ces familles prestigieuses et plus particulièrement celle du comte Moïse Camondo qui s’éteint avec la disparition des descendants : celle de son fils Nissim abattu dans son avion en 1917, de sa fille Béatrice et de ses petits-enfants morts en déportation.

En l’absence d’héritiers, Il lèguera l’hôtel Camondo qui deviendra le musée Nissim de Camondo, à la République Française, à la condition expresse que rien ne soit modifier, prêter, déplacer.

Pour l’avoir visité, il apparaît comme une évidence qu’on pénètre dans l’intimité d’une famille, s’attendant à voir surgir le propriétaire des lieux, ce qui est particulièrement touchant.

Cet ouvrage très documenté est la biographie fouillée d’une saga familiale, la description d’une époque et d’un lieu emblématique, le musée Nissim-de-Camondo. C’est passionnant mais écrit d’une manière obsessionnelle et souvent pesante.

Sa note : 3/5

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