Abraham ou la cinquième alliance

Couverture du livre "Abraham ou la 5eme alliance"
Le livre présenté par Jean, « Abraham ou la cinquième alliance » de Boualem Sansal paru le 25 janvier 2024 (1ʳᵉ édition en 2020) aux éditions Folio (Galimard)
352 pages

Résumé :
« Père m’observait minutieusement pendant que nous visitions les monuments religieux, investis par des foules fiévreuses, comme s’il attendait une réaction spécifique de ma part. Il disait que je le connaissais, ce monde disparu, que dans une vie antérieure, je l’avais bouleversé par ma prophétie. »

En 1916, alors que la Première Guerre mondiale s’étend au Moyen-Orient, Terah, un vieux patriarche, voit en son fils Abram la réincarnation d’Abraham. Il le charge de conduire la tribu vers la Terre promise. Au terme de ce long périple, Abram parviendra-t-il à fonder la cinquième Alliance, susceptible de guider les hommes et d’apaiser leurs maux ?
En actualisant l’histoire ancienne de la Genèse, Boualem Sansal nous offre ici une parabole sur la puissance et les faiblesses de la pensée religieuse.


Son avis :
À l’heure où à Londres un traité franco-anglais morcelait arbitrairement le défunt empire Ottoman, vivait en bordure de l’EUPHRATE, sur le site de l’antique UR-berceau d’ANBRAHAM — un vieux chef de clan convaincu par les nuages que son fils cadet ABRAM était promis à un destin grandiose, Dieu ayant choisi sa famille pour actualiser la geste Abrahamique et établir une nouvelle alliance avec l’humanité.

Le roman raconte de bout en bout l’histoire de cette geste, la lente et erratique migration du clan vers le pays de CANAAN, finalement en tous points semblables à la légende multimillénaire.

Dans les années 2000, à la fin de sa vie, Abraham fait le point sur son épopée et rédige un testament pour la postérité.

Le roman prend pour cadre le Levant où Dieu a initié trois religions concourantes toutes trois au même projet pour l’humanité, ainsi que les contrées où ces religions ont prospéré.

Un invariant semble servir de fil rouge aux romans de Boualem Sansal : une sorte de malédiction attachée à l’homme, son incapacité constitutive à se bonifier au cours des âges.

Ici, il dénonce ce que manipulation et instrumentalisation du Sacré ont pu produire en série : des guerres fratricides et interconfessionnelles, encore et toujours.

Moralité du récit : pas de nouvelle Alliance Divine envisageable aussi longtemps que l’homme sera déraisonnable.

Comme toujours avec Boualem Sansal, l’écriture est belle, le texte intelligent et documenté, la lecture agréable.

Sa note : Coup de cœur 5/5

Le début du livre 25 pages

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