A l’Absente

Le livre présenté par Nathalie, À l’absente de Martine de Rabaudy, paru le 18 avril 2019 aux éditions Gallimard.

Résumé :
Durant les mois qui ont suivi l’annonce de sa maladie de Charcot jusqu’à sa mort en octobre 2018, Florence Malraux a été entourée par des amis qui ont tenté de lui rendre un peu de cette générosité qui était avec son indépendance d’esprit une de ses grandes qualités.

À l’Absente est le portrait de cette enfant qui connut la guerre, de cette jeune fille qui sut s’affranchir d’une mère excessive et d’un monument de père, de cette femme passionnée au destin étoilé qui accompagna tant d’intellectuels et d’artistes tout au long de sa vie.

Son avis :
L’histoire d’une amitié dont le récit fluide se déroule durant le temps qu’il reste avant que de mourir.

Une amitié de longue date, tissée d’une même passion, celle des arts et de la littérature, deux esprits épris d’une même curiosité de la vie mais plus qu’un seul corps en mouvement, quand l’une, Florence MALRAUX dont le corps prisonnier de la maladie Charcot, veut affronter la mort de face, l’autre, Martine DE RABAUDY, la journaliste et l’amie, la prend sous son aile. Confidente, elle incarne aussi le corps manquant, celui qui rapporte dans la chambre close de la malade, le bruissement du monde culturel qu’elles ont autrefois partagé.

Tandis que l’esprit de Florence résiste et ruse, le corps pétri de souffrances cède inexorablement et toutes deux, elles s’accordent sur l’écriture de ce livre, ultime chemin de leur amitié. Recueillant avec délicatesse les morceaux choisis de la vie de son amie, l’autrice retrace et immortalise les souvenirs à sauver de cette mort qui se presse à la porte de la chambre.

Le point de vue en quelque sorte autobiographique du récit est profondément original, est-ce dû au consentement de l’intéressée, au tutoiement qui lui donne sa vivacité, à cette relecture à deux voix du manuscrit , peut-être …

Aussi faut-il reconnaître que la vie de Florence Malraux est romanesque par essence « Père génial, mère originale, tu ne pouvais être banale . Les éclats, les désordres, les débordements de Clara, ta fantasque mère, t’avaient inculqué à rebours l’harmonie, la discrétion, la douceur, le raffinement, la tolérance. » Qui la raconte, s’immerge dans le milieu culturel et bourgeois, privilégié et protégé mais avec une conscience aigüe de la douleur de vivre.

Le ton est juste, sincère, on admire le courage, le souci de vérité et sa lecture nous bouleverse, nous fait monter les larmes aux yeux. Un de ces livres qui une fois fermé, nous laisse sans voix devant tant de sincérité. un livre VRAI .

« L’inconsolée est au-delà des larmes ».

Sa note : 4/5

Le début de livre

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