L’île haute

Couverture du livre "l'île haute"
Le livre présenté par Jean, « L’île haute » de Valentine Goby paru le 17 août 2022 aux éditions Acte Sud
288 pages

Résumé :
Un jour d’hiver, le jeune Vadim, petit Parisien de douze ans, gamin des Batignolles, inquiet et asthmatique, est conduit par le train vers un air plus pur. Il ignore tout des gens qui vont l’héberger, quelque part dans un repli des hautes montagnes.

Il est transi de fatigue quand, au sortir du wagon, puis d’un tunnel — l’avalanche a bloqué la voie —, il foule la neige épaisse et pesante, met ses pas dans ceux d’un inconnu. Avance vers un endroit dont il ne sait rien. Ouvre bientôt les yeux sur un décor qui le sidère, archipel de sommets entre brume et nuages, hameau blotti sur un replat. Immensité enivrante qui le rend minuscule.

Là, tout va commencer, il faudra apprendre : surmonter la séparation, passer de la stupeur à l’apprivoisement, de l’éblouissement à la connais­sance. Con­fier sa vie à d’autres, à ceux qui l’accueillent et qui savent ce qui doit advenir.

L’île haute est le récit initiatique d’une absolue première fois, d’une découverte impensable : somptueux roman-paysage qui emplit le regard jusqu’à l’irradier d’hu­­­milité et d’humanité. Images et perceptions qui nous traversent comme autant d’émotions, nous élèvent vers ces ailleurs bouleversants, ces montagnes dont la démesure change et libère les hommes — et sauve un enfant.

Valentine Goby a publié quatorze romans en vingt ans. Aux éditions Actes Sud sont parus Kinderzimmer en 2013, un livre avec lequel elle a obtenu treize prix littéraires dont celui des Libraires, Baumes en 2014, Un paquebot dans les arbres en 2016 puis Murène en 2019. La fille surexposée, initialement paru chez Alma en 2014, sort simultanément dans la collection de poche Babel.

Son avis :
Pendant l’occupation allemande, un soir d’hiver, provenant de Paris, une religieuse et le jeune Vadim P. débarquent sur le quai d’une gare alpine. Là, un homme les attend à qui l’enfant est confié. Tous deux s’engagent à pied dans la nuit, puis parviennent à la boucle d’un tunnel ferroviaire.

Le récit prend alors l’ébauche d’un conte ; l’enfant traverse le tunnel, comme Alice son miroir, et pénètre au sein d’une vallée merveilleuse qui, parce que située à l’écart des soubresauts de l’histoire, va servir de cadre protecteur au jeune citadin juif asthmatique de onze ans, éloigné de Parie en raison des premières rafles.

Trois saisons plus tard, quand il devra à nouveau fuir en raison du danger qui menace désormais la vallée, le corps et l’esprit remodelés par l’expérience montagnarde, ses bronches rénovées et les premiers émois amoureux, sa mue accélérée terminée, Vincent aura définitivement tourné la page de l’enfance.

L’enfant dessinait ce qu’il voyait en attribuant une couleur à chacun de ses ressentis émotionnels, l’auteure, elle, entrevoit, au-delà des apparences, l’âme des êtres et des choses et attribue à ses ressentis des formules à ce point sensible et poétiques que le lecteur se trouve submergé, du début à la fin, par un flux continu d’émotions.

Enfin, ses féeriques descriptions de la vallée feront attribuer au roman le Prix Paysages Écrits de la Facim…

Un récit initiatique de toute beauté.

Sa note : 4,5/5

Le début à lire 21 pages

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