L’état d’alerte

Le livre présenté par Nathalie M. « L’Etat d’Alerte » de Judith C. BROUSTE, paru le 26 août 1994 aux éditions Seuil.
124 pages

Résumé :
Une femme blessée au sein par le cancer. La vie ne va plus de soi. Alors ses jours sont occupés à ne pas mourir. Il faut tenir, souffrir, résister. Vivre l’enfer pour son bien, finir par n’avoir plus rien ni personne à posséder. Mais quelqu’un à aimer.

Son avis :
Poétesse et romancière née à Bordeaux en 1948, elle est entrée en analyse avec Jacques Lacan, sa rencontre avec la psychanlayse marque ses récits même si elle s’en est ensuite écartée. Elle a publié des entretiens avec Christian Bobin, André Comte- Sponville, plusieurs romans et s’est intéressée aussi au cinéma.

Dans L’ETAT D’ALERTE, elle raconte comment l’irruption du cancer va révolutionner la perception d’être au monde d’une femme blessée au sein par une maladie qui la met en danger de mort . Elle confie les trois grands bouleversements psychologiques qui s’opèrent en elle durant cette période qui la place en dehors du monde des vivants.

Dans un premier temps « la lutte », cette période où dit-elle « tous les jours se ressemblent , où la seule occupation est de ne pas mourir, puis vient la guérison qui tout en mettant fin à ce corps à corps avec la mort plonge son existence dans un « entre-deux « , de nouveau vivre mais avec la trace du changement irréversible corporel et psychologique (Page 51) suivi d’un « état volontariste « , ce retour à la vie se manifeste par le désir physique qu’elle éprouve pour son chirurgien, elle y puise « une énergie pure » puis à peu à peu surgit l’évidence que pour renaître dans son entier elle doit oser « avoir quelqu’un à aimer «.

Pas de mélodrame, pas d’apitoiements mais un écriture fluide qui trouve les mots justes pour décrire les phases de sa maladie sans démonstration appuyée, tout en suggestion, elle traduit parfaitement les émotions qui la traversent.

Sa note : 4,5/5

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