Les évaporés du Japon

Couverture du livre "Les évaporés du Japon"
Le livre présenté par Elisabeth, « Les évaporés du Japon » de Léna Mauger paru le 5 novembre 2014 aux éditions Les Arènes.
260 pages

Résumé :
Chaque année, près de cent mille citoyens japonais, hommes et femmes de tous âges, disparaissent volontairement. Dettes, histoires d’amour inavouables, échecs intimes, ils ont en commun de partir sans jamais revenir. Lié à la honte et au déshonneur, ce phénomène est au cœur de la culture nippone.

Débarrassés de leur passé, les évaporés tentent de refaire leur vie dans les marges de la société. Des faubourgs de Tokyo en passant par les sources chaudes d’Atami, le mont Fuji ou la zone contaminée de Fukushima, Léna Mauger est allée à la rencontre de ces vies singulières.

Son avis :
Deux journalistes nous offrent des témoignages de Japonais ayant décidé de s’évaporer, les johatzus, quitter leur famille, partir sans laisser de traces, environ 100 000 par an.

Ce fait de société est à mettre en lien avec les caractéristiques de la société japonaise dont le code de l’honneur est bien connu : l’individu au service de la société doit être du côté de l’excellence. Toute défaillance est ressentie comme honteuse, un échec, un déshonneur que l’on doit fuir.

Alors quand un salarié perd son emploi, qu’un autre ne peut plus payer ses dettes, qu’une femme ne supporte plus un mariage arrangé, qu’un étudiant échoue à ses examens, ils s’évaporent, aidés parfois par des déménageurs du soir qui embarquent le contenu de la maison.

Ceux qui ne se suicident pas partent vers les quartiers nord de Tokyo, Sanya, au pied du Mont Fuji où, démunis de tout, ils exercent des petits boulots, souvent sous la houlette de la mafia japonaise, les Yakuzas.

D’autres faits de Société sont décrits dans ce recueil : des cadres de Société soumis à des stages destinés à redresser leurs comportements. Ceux qui échouent sont immédiatement licenciés.

Certains chapitres évoquent d’autres aspects de la société japonaise : la description de l’univers Toyota contrôlant ses salariés d’une façon difficilement imaginable en France ou encore ses quartiers peuplés de personnages de manga, expression différente d’un retrait de la pression sociale.

Un livre intéressant qui éclaire en noir et blanc une société collectiviste qui exige le respect des règles, de la hiérarchie, de l’excellence à tous les niveaux. Gare à ceux qui ne peuvent s’y plier !

Sa note : 4,5/5

Début du livre 20 pages

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