Le livre présenté par Sophie, « Les enfants endormis » d’Anthony Passeron paru le 6 mars 2024 aux éditions Le Livre de Poche.
256 pages
Prix Wepler-fondation La poste 2022
L’auteur :
Anthony Passeron est né à Nice en 1983. Il est professeur d’histoire et géographie mais aussi musicien dans un groupe folk.
Résumé :
Quarante ans après la mort de son oncle Désiré, Anthony Passeron décide d’interroger le passé familial. Évoquant l’ascension sociale de ses grands-parents devenus bouchers pendant les Trente Glorieuses, puis le fossé qui grandit entre eux et la génération de leurs enfants, il croise deux récits : celui de l’apparition du sida dans une famille de l’arrière-pays niçois – la sienne – et celui de la lutte contre la maladie dans les hôpitaux français et américains.
Dans ce roman de filiation, mêlant enquête sociologique et histoire intime, il évoque la solitude des familles à une époque où la méconnaissance du virus était totale, le déni écrasant, et la condition du malade celle d’un paria.
Son avis :
« Les enfants endormis (*) » est son premier roman écrit en 2022 dans lequel il redonne vie à sa famille confrontée au Sida.
L’auteur nous livre donc un récit de filiation sur le début de l’épidémie du Sida à travers l’histoire d’une famille dans le sud de la France.
C’est ainsi que quarante ans après la mort Passeron décide d’interroger le passé familial de son oncle Désiré, Anthony
L’action se situe dans les années 80 dans un petit village au dessus de Nice.
Une famille de commerçants de génération en génération, respectée et respectable, va connaître une descente aux enfers par le biais d’un de leur fils héroïnomane et porteur du Sida. Ce syndrome, encore inconnu à cet époque, fait une entrée fracassante dans la population des drogués et des homosexuels.
Il croise deux récits : celui de sa famille et celui de la lutte contre la maladie expliquant les balbutiements de la recherche franco-americaine. La construction de ses chapitres donne une teinte particulière au texte, texte simple, factuel, humain, très documenté sans tomber dans le mélodrame.
L’auteur aborde la mort des jeunes adultes mais aussi celle des enfants non responsables d’avoir été contaminés par leurs parents. Sans jugement, aucun, Anthony Passeron retrace cette course contre la montre. Il dépeint les réactions familiales mais aussi l’importance de la situation géographique de cette histoire c’est à dire les petits villages où l’ignorance, la peur du qu’en dira-t-on… rajoutent de la solitude aux familles où cette méconnaissance du virus était totale et le déni écrasant.
(*) Les enfants endormis sont les jeunes que l’on retrouvait endormis dans la rue au petit matin, seringues au bras après un shoot d’héroïne.
Sa note : 4.5/5
Partager c'est aimer !



