Le monde n’existe pas

Le livre présenté par Elisabeth lors de notre apéritif littéraire du 6 juillet,  Le monde n’existe pas Fabrice Humbert aux éditions Gallimard.

 

Sa chronique :
Passionnant ouvrage que l’on peut lire sous deux angles différents : l’histoire menée comme un thriller psychologique dans la ville de Drysden (Colorado).

Au lycée Franklin, deux adolescents deviennent amis ; l’un d’eux, Ethan Shaw, capitaine de l’équipe de foot, doué pour tous les sports, est solaire, beau, attirant toutes les sympathies, séduisant toutes les filles, sorte de Robert Redford assez imperméable.

L’autre, Christopher Mentel plus intellectuel est passe-muraille : blanc de peau, maigrichon, peu sûr de lui, objet d’indifférence mais aussi d’agressions en raison de son homosexualité, amoureux platonique d’Ethan.

Quelques années plus tard, Christopher qui est aussi le narrateur, devient journaliste au New Yorker sous le nom d’Adam Vollmann et découvre sur les panneaux de Times Square le visage d’Ethan accusé de viol et de meurtre d’une adolescente.

Il retourne à Drysden pour officiellement faire un article à ce sujet, officieusement pour comprendre et sauver son ancien ami. Ce récit est en lui-même captivant avec une fin pour le moins surprenante.

Le 2e niveau étroitement imbriqué dans l’histoire est une interrogation sur l’existence du réel à la façon des poupées russes :

  •  Sur le plan Individuel le questionnement porte sur l’identité, la part d’invention de soi. En l’occurrence dans le roman : qui est le vrai Adam Vollman ? Qui est réellement Ethan Shaw ? Quels sont d’une façon générale les acteurs de ce livre, la mère de la victime, la femme d’Ethan ? Et par extension qui sommes-nous ?
  • Familial : les familles rencontrées dans le cadre de l’enquête sont-elles ce qu’elle paraissent être ?
  • Environnemental : Drysden est-elle cette ville américaine banale au sein de laquelle passe une autoroute avec son armurerie, cafés, pizzeria, son lac, ses montagnes ?
  • Encore plus largement le monde qui nous est accessible à travers les récits historiques, d’actualité est-il le reflet de faits avérés ou est-il le produit des fictions inventées au gré des intérêts du moment, façon « 1984 » d’Orwell ?

Le livre pose des questions concernant cette réalité dont on doute de plus en plus au fur et à mesure du récit jusqu’au sentiment confus d’une manipulation totale de l’information qui nous est accessible, la réalité et la fiction se confondent d’une façon troublante.

Le point de vue de l’auteur est contenu dans le titre : le monde n’existe pas, il n’est que récits arrangés, triturés et parfois inventés.

Ce livre aux multiples facettes est passionnant et servi par un style qui a du souffle.

Sa note : Coup de cœur  5/5

Le début du roman 

 

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