Le dieu des bois

Couverture du libre "Le dieu des bois"
Le livre présenté par Philippe, « Le dieu des bois » de Liz Moore paru le 2 juillet 2024 aux éditions Buchet et Chastel.
Traduit de l’anglais par Alice Delarbre.
512 pages

Résumé :
Si vous vous perdez, asseyez-vous et criez !

Au camp Emerson, niché au cœur des Adirondacks, c’est l’une des règles d’or. Établie par la puissante famille Van Laar, qui habite les lieux, cette colonie de vacances pour adolescents a pour vocation de leur apprendre à survivre dans les bois, en toute sécurité. Été 1975, une jeune fille manque à l’appel : Barbara Van Laar, la seule héritière des propriétaires.

Au milieu des arbres, aucun cri ne perce le silence, mais les interrogations fusent : la monitrice, les autres campeuses, le personnel et, bien sûr, la famille. Cette disparition ravive un drame ancien : quinze ans plus tôt, le fils des Van Laar s’est, lui aussi, évanoui dans la nature après une sortie en forêt avec son grand-père. Liz Moore promène son lecteur entre passé et présent avec une habileté saisissante. De découvertes en fausses pistes, elle nous tient en haleine sans jamais laisser retomber la tension dramatique, nous guidant à travers ces mystères aussi profonds que les bois.

Son avis :
Le roman oscille en permanence entre différentes époques sur une période de 25 ans, sans jamais perdre le lecteur. Pour y parvenir, l’auteure nomme ses sous-chapitres du nom d’un des protagonistes, ceci permet de se maintenir sur le fil du roman, malgré le nombre de personnages et de la richesse du récit.

  • La forêt est omniprésente, belle, dense, menaçante aussi.
  • Une grande variété de personnages tous aussi singuliers les uns que les autres.
  • Une description cynique des riches familles de la cote Est, alliant le mépris, la suffisance, l’excès de confiance en soir et les secrets. Une supériorité masculine qui se transmet dans le temps en laissant peu de place aux femmes ; en réaction, l’auteure propose une remarquable solidarité féminine, des amitiés indéfectibles et des caractères forts et indépendants.
  • La vie au grand air et les conseils pour survivre dans la nature.

Un roman qui sent bon la forêt humide du matin, d’une belle intensité dramatique, un suspense maitrisé, une intrigue bien ficelée que l’on suit sans s’égarer.

Sa note : 4/5

Extraits :
« Les routes bitumées furent remplacées par des chemins de gravier puis de terre. Des habitations délabrées surgissaient régulièrement dans le paysage, leurs pelouses étaient transformées en cimetières à voitures rongées par la rouille. Il était inquiétant, ce contraste entre la beauté de la nature et la décadence due à l’homme. »

« Si quiconque avait pris la peine de lui demander, à l’époque, ce qu’elle désirait, elle aurait répondu : écouter de la musique, Led Zeppelin et Grateful Dead principalement, mais aussi Procol Harum, Joan Baez et Joni Mitchell ; être témoin, un jour, de l’élection de George McGovern (maintenant que Bobby Kennedy était mort) ; avoir un métier qui changerait les choses ; rencontrer un bon gars qui la respecterait ; visiter son pays et le reste du monde. Sauf que personne ne lui posait la question. Alors, elle gardait ses souhaits pour elle, et son journal, les convoquait chaque fois qu’elle soufflait ses bougies d’anniversaire, qu’elle croisait un puits ou apercevait une étoile filante, lui offrant une occasion solennelle de les transmettre à l’univers. »

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