Le livre présenté par Elisabeth, « Globalia » de Jean-Christophe Ruffin paru en 2004 aux éditions Gallimard.
512 pages
Résumé :
La démocratie dans Globalia est universelle et parfaite, tous les citoyens ont droit au « minimum prospérité » à vie, la liberté d’expression est totale, et la température idéale.
Les Globaliens jouissent d’un éternel présent et d’une jeunesse éternelle. Évitez aussi d’être, comme Baïkal, atteint d’une funeste « pathologie de la liberté », vous deviendriez vite l’ennemi public numéro un pour servir les objectifs d’une oligarchie vieillissante dont l’une des devises est : « Un bon ennemi est la clef d’une société équilibrée. »
Un grand roman d’aventures et d’amour où Rufin, tout en s’interrogeant sur le sens d’une démocratie poussée aux limites de ses dangers et de la mondialisation, évoque la rencontre entre les civilisations et les malentendus, les espoirs et les violences qui en découlent.
Son avis :
L’univers de ce livre dystopique ne nous est pas étranger dès lors qu’on a lu 1984 d’Orwell et 2084 de Boualem Sansal.
Dans ce monde, plus de nations, plus d’histoire, la population vit dans des zones protégées sous dômes de verre où tout est contrôlé, le temps (il y fait toujours beau), la température (il y fait toujours bon), les vêtements, les naissances. Le confort versus la liberté. La régénération des corps empêche le vieillissement et donc peu de naissances, les jeunes sont détestés.
Des scènes sont surréalistes, une balade en montagne sous dôme de verre notamment.
S’il n’y a plus de notion de pays, de continents, sont mises en opposition les zones protégées des non-zones où vit une population violente, mais libre qui manque de tout dans un environnement naturel soumis aux aléas climatiques comportant des traces non reconnues de l’ancien monde par absence de transmission de son histoire.
La population est artificiellement contrôlée par la peur par les dirigeants représentés sur le terrain par le département de la protection sociale. Comment maintiennent-ils cette peur ?
Sont inventés des terroristes censés perpétrés des attentats, justifiant le bombardement des non-zones. Le dernier ennemi numéro un est un jeune homme choisi par un dirigeant pour jouer ce rôle, car étranger à la peur, épris de liberté, infiltré dans une non-zone et soumis à une propagande à outrance dans les zones protégées.
Le grain de sable est-il l’amour qui unit Baïkal et Kate qui n’ont de cesse de se retrouver et un journaliste éconduit de son journal suite à une tentative d’informations dérangeantes sur un attentat ?
La lecture de la fin du roman permettra peut-être de répondre à cette question.
Ce récit que j’ai beaucoup de plaisir à lire est bien dans l’air du temps : volonté de certains de détruire les nations (négation de la culture, de l’histoire, de l’identité), au profit d’une mondialisation consumériste avec la peur comme arme de contrôle.
Sa note : 4,5/5
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