Terminus Paris

Le choix de Guy, Terminus Paris de Bernard Chapuis aux Éditions Les Formes du secret 1978

« QUEL journaliste n’a pas rêvé de donner un coup de pouce au destin, d’infléchir l’événement et de lui attribuer ainsi une signification différente, mais au combien plus poétique ?

Une revanche à prendre, en quelque sorte, sur l’ordre du monde, fragile, certes, monotone néanmoins, et si peu fou, quoi qu’on en pense.

Au nom de l’  » actualité fiction « , Bernard Chapuis nous conte, dans Terminus Paris, les pérégrinations d’un journaliste dans un Paris en proie à de mystérieux faits divers : une grève de chrysanthèmes (ils refusent de pousser), l’effondrement du pont de Bir-Hakeim (une rame de métro inconnue disparaît dans la Seine et M. Chirac plonge au secours de ses administrés), l’incendie d’un grand magasin (tel celui du Bazar de la Charité) ; le transfert étrange des sépultures célèbres du Père-Lachaise à l’Esplanade des Invalides (y compris, grâce à une confusion céleste, la tombe de Baden Powell). On peut aussi relever un hold-up à la Bibliothèque nationale – oh ! – une panne d’électricité qui enferme la ville lumière dans la nuit, etc.

Dans ces événements extraordinaires, la population voit la main de puissances ténébreuses. Bernard Chapuis se garde d’entraîner le lecteur sur un autre chemin et ne donne libre cours qu’à sa fantaisie.

Florilège
Du côté des références, citons Boris Vian et Jean Cocteau (pour les motards de la mort notamment) et Bernard Chapuis. Ce dernier n’est pas toujours le pire. À part ce type de jeux de mots qui secouent les salles de rédaction, comme de nommer F. Rigo un médecin légiste, Bernard Chapuis livre d’intéressantes variations journalistiques, tel ce florilège de titres après une disparition de cadavres en série : le Parisien libéré : On nous vole nos morts : France-Soir : Les ambulances de la mort rôdent sur le périphérique ; l’Aurore : Un chef d’orchestre clandestin derrière le mystère de la Toussaint …

Le monde

Qui est Bernard Chapuis ?
« Un raconteur d’histoires épris de Proust et de Giono.

En fouinant chez les bouquinistes, nous pûmes dénicher un exemplaire de ses deux premiers ouvrages.

Le bougre a fait ses débuts en 1978 avec Terminus Paris, «actualités-fiction» parue aux éditions Les Formes du secret, avant de gagner le cadre rouge du Seuil en mai 1980.

Sur la quatrième de couverture de L’amour du temps, Chapuis rigole à pleines dents. La notice biographique a de quoi nous intriguer. «Né le 14 juin 1945 à Alger d’une famille de marins. Elevé en Malaisie dans une école anglaise jusqu’à l’âge de sept ans. Poursuit ses études à Paris dans un cours privé et au lycée Janson-de-Sailly, puis à la faculté de droit et à l’Institut d’études politiques. Débute dans le journalisme à Combat, au Canard enchaîné, au Quotidien de Paris. Aujourd’hui billettiste au Monde et chroniqueur de télévision au Nouvel Observateur», pouvait-on y lire alors.

Interrogé par nos soins, Bernard Chapuis confirme qu’il a bien été élevé en Extrême-Orient, dans le sillage d’un père officier de marine qui meurt lorsqu’il a onze ans.

De retour à Paris dans les années 1950, installé dans «le XVIe pouilleux», le jeune Bernard parlait mieux l’anglais que le français.

Ses études terminées, il avait la chance de connaître Julien Besançon, l’une des stars de l’Europe 1 d’antan. Celui-ci le mit en contact avec Philippe Tesson, lequel lui permit d’entrer comme «stagiaire non payé» à Combat.

Payé, il le fut à Elle, d’où il sera «lourdé», dit-il, par Daisy de Galard.

A pas même trente ans, il cumulait les piges, allant livrer en moto chaque matin son billet imprimé en première page du Monde, tout en signant au Quotidien et au Canard! »

www.lexpress.fr

Sa note : 5/5

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