Le livre présenté par Elisabeth, « Sucre Noir » de Miguel Bonnefoy paru le 16 août 2017 aux éditions Rivages
200 pages
Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent.
Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.
Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d’hommes et de femmes guidés par la quête de l’amour et contrariés par les caprices de la fortune.
Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d’un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices. Finaliste du Goncourt du Premier Roman et lauréat de nombreuses distinctions (dont le prix de la Vocation, le prix des cinq continents de la francophonie « mention spéciale »), Miguel Bonnefoy est l’auteur du très remarqué «Voyage d’Octavio» (Rivages, 2015), qui a été traduit dans plusieurs langues.
Son avis :
Français et Vénézuélien, Miguel Bonnefoy, récompensé par de nombreux prix littéraires, nous transporte dans ce roman sous forme de conte philosophique dans les Caraïbes avec un parfum d’aventures exprimé dans une langue voluptueuse, chaude, riche, colorée.
Le premier chapitre donne le ton : la frégate du Capitaine Henry Morgan, célèbre corsaire, s’échoue sur la cime d’un arbre au milieu d’une forêt. Les images sont poétiques telles les filets jetés du bateau pour pêcher des oiseaux permettant de survivre, la végétation qui s’empare de la coque ou celle du coffre empli de toutes les richesses gardé jalousement par un capitaine affaibli se morfondant au fond de sa cabine.
Le navire naufragé finit par s’effondrer avec son équipage et son trésor. Les images, les sons sont d’ores et déjà sollicités avec bonheur et nous pénétrons avec l’auteur dans un univers empreint de merveilleux.
300 ans plus tard, la famille Otero achète une ferme sur le site présumé du naufrage à la condition qu’une pièce reste fermée à clef et que personne n’y pénètre. Seule une vieille femme l’ouvre et s’enferme une fois l’an avant de repartir jusqu’à l’année suivante.
Serena, la fille du couple Otero épouse un chercheur de trésor, Severo Bracamonte, trésor qu’il cherche en vain, mais fait prospérer la propriété en exploitant la canne à sucre, transformée en mélasse, le sucre noir, puis en rhum, situation qui n’est pas sans faire penser à Jean de Lafontaine « Le laboureur et ses enfants ».
La suite aux multiples rebondissements que je vous laisse découvrir est savoureuse et surprenante, reflet du riche imaginaire de l’auteur.
J’ai beaucoup apprécié ce roman qualifié de « bonbon » par la personne qui me l’a offert. À la lecture on ressent bien qu’il n’est pas fait allusion qu’au titre. C’est une magnifique épopée caraïbéene relatée avec sensualité.
Sa note : 4,5/5
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