Le village de l’allemand

Couverture du livre "Le village de l’allemand"
Le livre présenté par Jean, « Le village de l’Allemand » ou  le journal des frères Schiller, de Boualem Sansal paru le 10 septembre 2009 (1ère parution 2008) aux éditions Gallimard.
320 pages

Résumé :
Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d’Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d’une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid…

Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l’extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s’y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République.

« À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. »

Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d’une sincérité bouleversante.

Son avis :
Un secret, dûment tenu caché par un père à ses proches, une fois révélé va bouleverser l’histoire d’une famille en l’associant aux pages les plus sombres de la seconde guerre mondiale.

C’est à la mort par homicide de leurs deux parents que deux frères vont découvrir le passé militaire très très trouble de leur père, et dès lors devoir composer avec cette nouvelle image paternelle.

En découle un récit à deux voix dans lequel B.S analyse les procédures mentales mises en œuvre pour assurer l’écrasante culpabilité héritée d’un père coupable, et trouver les ressorts nécessaires pour réussir…ou pas à survivre à un tel héritage.

Une belle écriture inspirée qui procure au roman densité et profondeur, et l’occasion pour l’auteur de dénoncer régimes autoritaires et fanatisme religieux, avec en prime quelques pages instructives sur le noyautage en règle de banlieues françaises par l’islamisme conquérant, dans la quasi indifférence générale.

Sa note : Coup de cœur 5/5

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