Le livre présenté par Jeanne, « Boccanera » de Michèle Pedinielli paru le 1e février 2018 aux éditions L’aube Eds De.
224 pages
Série de trois livres
- Boccanera
- Après les chiens
- La patience de l’immortelle
Son avis :
« Boccanera » est le premier polar de Michèle Pedinielli, une niçoise née d’une mère niçoise et italienne et d’un père corse qui a vécu sa jeunesse à Nice avant de « monter » à Paris où elle a exercé le métier de journaliste et travaillé ensuite comme documentaliste à la BNF.
Elle se réinstalle dans sa ville d’origine à 46 ans pour commencer une série policière centrée sur le personnage de Diou, une détective privée quinquagénaire comme elle, haute en couleur, toujours en docs, en jean et en casque qui sillonne la cité en mobylette ou à vélo pour y tomber sur des cadavres dans les lieux les plus inattendus. Diou forme un duo bancal avec son ex, un commandant de gendarmerie qui l’a quittée parce qu’elle refusait de lui donner les enfants qu’il désirait et dont elle est toujours éprise malgré de longues années de séparation. Le duo devient un groupe protéiforme lorsque les proches de Diou mettent leur grain de sel dans les enquêtes : Dan, son colocataire, un homosexuel propriétaire d’une galerie d’art et baiseur effréné, un sdf allemand muet mais bilingue anglais ( par écrit), la restauratrice du coin, un couple de femmes suédoises vétérinaires et niçoises d’adoption.
Bref toute une galerie de personnages aussi attachants que l’héroïne principale.
Boccanera signifiant « bouche noire « en corse où se déroule certaines des intrigues de Michèle Pedinielli, vous avez une idée de l’ambiance : le mot désigne en patois corse le museau des chèvres et des brebis qui gambadent dans les montagnes corses, mais aussi le canon du fusil que les locaux, chasseurs, ou vengeurs, ou bandits, ou militants affiliés à des groupes politiques extrémistes, utilisent plus que de raison.
Lisez cette série, vous vous baladerez dans le vieux Nice peu connu des touristes, loin des clichés sur la Promenade des Anglais, les retraités bourrés aux as qui votent pour l’extrême-droite et les chars de Carnaval.
Le style de l’auteure est rapide et rythmé, truffé d’humour, d’argot et de patois « nissart » qui apporte une saveur particulière au récit.
Ses sujets sont ancrés dans une actualité brûlante — la spéculation immobilière, le statut des migrants, l’homophobie, la mouvance identitaire — qui sont traités avec habileté et font de Michèle Pedinielli bien plus qu’une auteur locale.
Du très bon polar à lire pour ceux qui aiment Nice ou ceux qui rêvent de connaître la ville sous un angle différent des guides touristiques. Les livres suivants se lisent avec autant de plaisir que le premier du cycle.
Sa note : Coup de cœur 5/5
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